Monday, June 30, 2008

Il n’y a jamais eu aussi peu de femmes en Inde: ActionAid


Selon un récent rapport de l’ONG britannique ActionAid, le ratio femmes/hommes vient d’atteindre un niveau historiquement bas. Dans ce pays où tout le monde veut des garçons, l’avortement sélectif atteint en effet des proportions alarmantes.

Les "branches mortes". C'est ainsi que sont appelées les petites Indiennes victimes d'avortements sélectifs. Un phénomène loin d'être anecdotique : alors que le ratio naturel devrait se situer à environ 950 filles par millier de garçons nés, il est aujourd'hui de seulement 927. D'après une étude publiée en 2006 dans le journal médical britannique The Lancet, il y aurait chaque année 500 000 avortements de fœtus féminin en Inde. Soit dix millions de filles éliminées depuis 1985...
D'après une enquête récente de l'ONG britannique ActionAid, Disappearing daughters, cette tendance ne cesse de s'accentuer. Menée sur 6000 foyers de cinq Etat du nord et du nord-est indien, l'étude met carrément en garde contre le risque d'une "génération perdue". D'après l'étude, le ratio filles/garçons aurait en effet encore chuté depuis le dernier recensement, en 2001, dans quatre de ces cinq Etats. En extrapolant à l'ensemble du pays, l'organisation estime donc que le taux de natalité féminine a atteint son plus bas niveau historique.
Dans les régions riches du nord, l'infanticide pratiqué autrefois a été remplacé par ce que les Indiens appellent le "foeticide" : l'apparition des technologies modernes de l'échographie il y a 20 ans a abouti à l'élimination massive des fœtus féminins. Lorsque la première clinique équipée a ouvert ses portes au Penjab en 1979, il y avait 925 filles pour 1000 garçons. En 1991, elles n'étaient plus que 875, 793 en 2001, et 730 aujourd'hui.
Le phénomène est partout présent, aussi bien à la campagne qu'à la ville, aussi bien parmi les classes aisées que défavorisées. Cependant, contrairement aux idées reçues, cette sélection du sexe de l'enfant est plus répandue dans les zones urbaines, parmi la population aisée et éduquée. Au Penjab notamment, l'Etat le plus riche du pays, les chiffres recueillis auprès des hautes castes des zones urbaines sont édifiants : 300 filles seulement pour 1000 garçons. Dans les campagnes pauvres qui n'ont pas accès à ces moyens cliniques, l'infanticide reste banal, notamment par négligence de soins apportés aux nouveau-nés de sexe féminin.
La révélation du sexe de l'enfant et l'avortement sélectif sont pourtant illégaux. Depuis 1994, un médecin révélant le sexe de l'enfant lors d'une échographie est ainsi passible de trois ans de prison. Ces pratiques sont pourtant largement répandues, et tolérées de facto : à ce jour, seuls une poignée de praticiens ont été condamnés, à des peines mineures. Selon un rapport de l'OCDE publié en 2004, "si l'Inde est un des pays qui a fait le plus de lois pour les femmes, c'est celui où l'écart entre la loi et la réalité est le plus grand."
Le garçon est préféré parce qu'il transmet le nom, peut gagner de l'argent et s'occuper de ses parents âgés tandis que la fille, destinée à quitter sa famille, reste un véritable fardeau financier, d'autant qu'il faut payer une dot pour son mariage. Dans ce système, la pression familiale exercée sur les mères est immense, et les coutumes demeurent plus fortes que les lois, comme l'analyse Laura Turquet, co-auteur de l'étude d'ActionAid : "l'horreur de cette situation, c'est que pour les femmes indiennes, éviter d'avoir une fille est un choix rationnel. Tant que le gouvernement ne s'attaquera pas aux raisons de fond de cette discrimination, notamment au système de la dot, les filles resteront condamnées avant même de naître".

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Monday, June 9, 2008

Les hôtesses d’Air India priées de se mettre au régime...

Mercredi, la haute cour de justice de Delhi a confirmé la décision d’Air India de renvoyer certains de ses hôtesses de l’air et de ses stewards pour cause de surpoids. Une décision arbitraire selon les "victimes".

"Si vous êtes trop gros, ruez vous sur les salles de gym plutôt que d'interpeller la justice". Voici en substance ce que les juges ont fait comprendre aux hôtesses de l'air et aux stewarts d'Air India, mercredi, à l'occasion d'un jugement inédit. Après avoir été renvoyés en mai 2006 pour cause de surpoids, les « victimes » avaient saisi la Haute Cour de Delhi, qualifiant la décision d' "arbitraire". "Il n'y pas de liens entre poids et performance, surtout lorsque la personne est reconnue médicalement saine. Le poids ne peut pas être un critère", a déclaré Arvind Sharma, l'avocate des employés d'Air India, lors de son plaidoyer. Et d'insister sur l'existence d'une règle qui autorise les hôtesses et stewarts à dépasser de 3kg le poids limite imposé par l'employeur. Les contrevenants disposent alors de 45 jours pour retrouver la ligne.

Par Nina Casal

Au final, la haute cour de justice de Delhi a néanmoins tranché en faveur d'Air India, arguant que les contrats de travail mentionnaient bien que les employés pouvaient être mis à pied si leur poids dépassait la limite autorisée. "Leur travail nécessite un poids idéal. Les hôtesses de l'air et les stewarts doivent faire face à des situations telles que les turbulences et d'autres urgences. Pour cela, ils doivent être dans une grande forme physique et mentale", a justifié la juge Rekha Sharma. Différents critères de poids sont ainsi définis par la loi. Une hôtesse de 18 ans ne doit pas peser plus de 50 kg pour une taille de 152 centimètres. Entre 26 et 30 ans et pour la même taille, le poids limite s'élève à 56 kg.

Mais si la décision de justice s'appuie au final sur des détails purement légaux, beaucoup soupçonnent que la fermeté d'Air India sur ce dossier presque comique tient en fait à la concurrence accrue des compagnies privées. De plus en plus nombreuses, celles-ci ont en effet des critères très stricts sur l'apparence physique de leurs employés.

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Monday, April 21, 2008

Aimé Césaire sur Haïti

La mort d’Aimé Césaire ajoutée aux émeutes que la flambée des prix des denrées alimentaires a occasionnées en Haïti ces dernières semaines a mis le spotlight sur Haïti. Le Monde Diplomatique de cette semaine en parle en des termes positifs.

Dans Conversations sur Haïti avec Césaire , l’auteur martiniquais parle d’Haïti comme du lieu où « la négritude se mit debout pour la première fois… Ce fut leur conquête. Leur conquête était aussi pour nous tous. Si nous en étions dignes ! »
« L’Occident pardonnera-t-il un jour aux descendants de Toussaint Louverture ? Nous qui avons choisi une lutte de substitution à l’intérieur du monde colonial, nous devons à notre tour aider les Haïtiens. Jamais nous ne compenserons tout à fait ce que nous devons au nègre fondateur. Le nègre fondateur, c’est la Révolution de Saint-Domingue, c’est Toussaint Louverture. »

Dans Un Etat pour les Esclaves Révoltés, Christophe Wargny parle de la Révolution haïtienne et de Toussaint Louverture, « l’homme qui d’une jacquerie fit une révolution : un Noir, ancien propriétaire d’esclaves, qui s’engagea résolument pour la liberté générale quand la Révolution française eut aboli l’esclavage (1794). Et organisa l’armée qui devait avoir raison de celle envoyée par Bonaparte. Les deux hommes, stratèges au civil comme au militaire, ne manquaient pas de traits communs. »

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-04-19-Cesaire
http://www.monde-diplomatique.fr/2008/04/WARGNY/15802

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Tuesday, April 15, 2008

Quand les politiciens se servent la faim pour marquer des points

Ces dernières semaines, Haïti est revenu à la une de l’actualité. Quelque loin que vous soyez, les nouvelles vous rattrapent, les imagent vous bousculent, le gêne vous serre la gorge, et la colère vous embrase. Vous êtes, en effet, en colère contre la manière dont votre pays est réduite dans la presse : à des laissés pour compte semant la pagaille, détruisant les rares magasins qui opèrent dans un pays qui ne fonctionnent plus depuis longtemps, posant des barricades enflammées, et lançant des pierres sur le Palais National. Vous êtes en colère parce les réponses qui vous sont posées par les étrangers qui regardent comme vous et qui n’en comprennent rien, sont impossibles à répondre. Faut-il commencer par 1492, parler de la découverte, de l’esclavage, de la prospérité de l’ex Perle des Antilles, de la lutte pour l’Independence, de Toussaint Louverture ? Ou faut-il conter la déchéance qui ponctue notre quotidien depuis 1804, l’occupation, la dictature, les massacres, la démagogie qui a revêtu des allures de démocratie avec Aristide, puis s’arrêter sur les kidnappings, les coups d’état, la pauvreté, l’indigence, et le désespoir qui nous hantent de façon quotidienne. Car ceux qui n’y connaissent rien le plus simplement du monde peuvent poser l’équation faim + pauvreté + hausse des prix = manifestations + démission du Premier Ministre + violence, et argumenter qu’une augmentation de l’aide alimentaire devait suffire à réduire la faim.

Mais vous qui connaissez Haïti, qui respirez encore son air en dépit de la distance, qui pleurez encore en silence quand vous avez un parent au bout du fil, vous savez que la situation est loin d’être aussi simple. Vous savez que ces manifestations ne sont pas innocentes, qu’il y a des mains derrière ces actes de violence, que ces soit disant revendications ne sont pas dues au hasard, que le renvoi du Premier Ministre ou l’octroi de l’argent n’arrangerait pas grand chose, et que ces manifestants ne sont que des pions entre les mains habiles des malades du pouvoir.

Parce que vous la connaissez la froide vérité, vous en avez marre. Vous avez beau fuir ces manœuvres politiques, vous avez beau rompre avec Haïti, vous avez beau vous résigner à votre condition de « sans pays », il suffit de ces moments pour que votre pouls s’accélère, que votre cœur se met a palpiter, que vous avez envie de vous arracher les cheveux, de maudire le destin, et de vous rendre a l’évidence, pour la énième fois, que vous avez bien fait de vous en aller.

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Monday, April 14, 2008

Is starvation contagious? COMMON SENSE



Is starvation contagious?

COMMON SENSE
JOHN MAXWELL

Sunday, April 13, 2008



Few people, much less their governments, appear to be concerned about what is happening in Haiti, next to Cuba our nearest neighbour and, in historical terms, the people who paved the way for our freedom from slavery and implemented for the first time anywhere in the world, the idea of universal human rights.
Yet, today, while Haiti suffocates in poverty, hunger and dirt, her neighbours in the Caribbean, with the exception of Cuba, pass by on the other side of the road where Haiti lies in pain and anguish, ignoring the brutalisation of the poorest people in this hemisphere by the richest nations in the world.
Four years ago the Americans and Canadians with the backing of the French, decapitated Haitian human rights, kidnapping her president and instituting fascist rule by a combination of some of the greediest businessmen in the world and the murderous thugs they hired in an attempt to depose the overwhelmingly popular president of the Haitians, Jean Bertrand Aristide.

Mr Bush and Mr Colin Powell and a mixed gaggle of French and Canadian politicians had decided that freedom and independence were too good for the black people of Haiti. Lest you think I am being racist, there is abundant evidence that the conspiracy against Haiti was inspired by racial hatred and prejudice.

I have gone into this before and I will not return to it today. Suffice it to say that the US, Canada and France, acting on behalf of the so-called 'civilised world', decided on the basis of lies that, as in the case of Iraq, a free and independent people had no business being free and independent when their freedom and independence was seen to threaten the economic interest of the richest people in Haiti and, by extension, the wealthiest countries in the world.

Today, and especially for the last few weeks, the starving people in Haiti have been trying to get the world to listen to their anguish and misery. Along with some other poor people in other countries, the Haitians have been driven to desperation and the edge of starvation by the rapidly increasing price of food. Unlike all the others, the Haitians are over the edge, they are starving, refugees in their own proud country, where many are forced to eat dirt to survive, however tenuously.

Only the Cubans, the Venezuelans and the Vietnamese appear to care about what is happening in Haiti. The rest of us are too concerned with 'wealth management' and the prospects of foreign investors with bursting wallets floating down from the sky to make us all rich.

But if one listens to people on the Jamaican streets, it is obvious that we too are in the early stages of the same curse of the globalisation which makes Haitians expendable and assesses their value at well under the price of one Jamaican patty per day.So, the Haitians have taken to the streets and more than half a dozen starvelings have already been shot dead by the armed forces of civilisation, by the satraps and surrogates of George Bush and his Canadian and French accomplices.

The world food programme has appealed to the world for help for the Haitians. So has the Vietnamese representative on the UN Security Council. Venezuela has given Haiti money and supplied them with cheap oil. Cuba, among other things, is training nearly 500 Haitians to be doctors, about half in Cuba and the rest in Haiti.

The Golding government, like its predecessors, pays no attention to our suffering neighbour languishing and dying because of the explicit actions and strategies of the United States of America and its president, George Bush. Which is why after Aristide, Haitians died like flies because of hurricanes and rainstorms: their local democracy and their early warning systems had been destroyed by the criminal gangsters whom Bush put in charge of eight million Haitians. And when the situation became too noisome even for Bush and the Republican Party, Haitians were allowed to vote but not allowed to vote for the man they wanted, so they voted for a surrogate. This meant that the Haitian elite friends of Bush, the Chalabis of our hemisphere, were back in charge and the primacy of the light-skinned minority re-established, just as it was in the 18th century, before the American, French and Haitian revolutions.

It is possible that Haiti may not even be Bush's worst crime. In Haiti he destroyed nearly 300 years of history and the rights of man. In Iraq he obliterated much of the record of the last 8,000 years of civilisation and set the people at each other's throats.Many Haitians were killed by the American-paid assassins who inherited military power from the American and Canadian marines. More were murdered because they were community leaders and allies of Aristide. Even more died from unnatural disasters precipitated by the decapitation of democracy. And many, many more will die from the effects of eating dirt for the greater glory of George Bush and because they have had enough of Bush's modern version of slavery.
I TOLD YOU SO
Just to be tiresome, I want to remind you of a column published in this paper on Sunday, December 10, 2000, my 240th column for this paper. It was published just as the Republican Party was prepping the US Supreme Court to appoint George Bush, president of the US. I wrote, inter alia"The approaching triumph of Greenspan/Ayn Rand capitalism may just be slowed down by the latest developments in the US economy, but that is not cooling down the ardour of the "cognitive elite" to gain a handle on the whole business of corporate control of the economies and governance of the world. The Americans a few days ago, chastised Haiti for electoral defects which, compared to Florida, were child's play and did not really affect anything very much more than the letter of the law.

". George Bush, if he is appointed president, will use his time to destroy the integrity of the country he rules, starting with the Supreme Court. Then he can start on dealing with the rest of us. That's his job, and as the American press has made plain, nothing needs to be known about him and his multifarious incapacities because big brother in the giant corporations will tell him what to do.
We are all in for a very rough ride."
That was published before Bush became president, before Enron, before 9/11, before the invasion of Iraq and before the rape of Haiti.

Today when the world faces climatic, ecological and economic meltdown, we in Jamaica are as far away from reality as ever.

We persist in our suicidal pursuit of unsustainable development-by-gimmick, heading for disaster like the Haitians but of our own free will, unlike the powerless Haitians. We are determined to grow sugar cane until it destroys our society, watching helplessly and cluelessly as food prices rise out of our reach and unwilling to even try to save ourselves by growing more food and putting idle hands and idle lands to work, and unwilling to face the elemental truths about this slave society.

We can't afford rice or cooking oil, or bread or Lexuses.Where, one wonders, is our Marie Antoinette to advise us to eat johnnycake?

More than 60 years ago when we were faced with the (for us) less dire crisis of the Second World War, our British governors forced all landowners to plant at least 10 per cent of their land in food crops. Sugar estates began to produce food for the first time in 300 years and our unemployment and malnutrition rates plummeted.

Today we face our unreality bravely, encouraging the most backward among us to sing songs of hate against homosexuals, denying Amnesty's findings about our internecine violence, although they are merely echoing what people like me were writing 40 years ago. We are going to grow food for cars while our people starve. We know what's wrong but resolutely refuse to face reality. In the struggle for survival we say, along with George Bush, every man for himself and let the devil take the hindmost. The title of my 2000 column I quoted earlier could serve as our epitaph.
It was: "Democracy? Enough already!"
I told you so.
Copyright ©2008 john maxwell Jankunnu@gmail.com

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