Tuesday, October 14, 2008

Pyyyyyram

Je ne suis pas superstitieuse. Je ne l’ai jamais été. Mais hier matin quand j’ai lu sur metropolehaiti.com, la mort de Roland Dorfeuille, je me suis dit, comme on dit souvent en Haïti, que ‘le jour de ma mort, je le saurai’. En effet, samedi dernier, j’ai regardé BouKi Nan Paradi, et j’ai ri comme je ne l’avais fait depuis longtemps. J’ai ri de l’incarnation de notre Bouki collectif avec sa gloutonnerie bon-enfant, sa naïveté déconcertante, ses paroles sans queue ni tête…J’ai ri de Malis, de Madan Bouki et de Jal Bos Sen Pyè. Longtemps après la dernière scène, je suis restée à rire, et en m’endormant ce soir-la, une Haïti naïve et coopérative, bleue, pastel, et indigo me fut restée dans la gorge. C’était à la fois de la nostalgie et de la joie, de la colère et de la paix, de la résignation et de la foi, un peu de tout, beaucoup de riens qui m’ont embrasé à la vision d’une époque et d’un pays longtemps enfuis.

Il y avait les rumeurs que les enfants aimaient tant à propos de Pyram : qu’il était l’haïtien le plus laid qui existait, qu’il avait lancé un concours pour trouver quelqu’un de plus laid que lui, mais que personne n’avait réussi á le détrôner de son titre. Il y avait les pubs de Pyram que j’aimais tellement que j’en rêvais la nuit, et que je peux réciter encore aujourd’hui …Puis il y avait le TALENT, la PERFECTION, l’EXCELLENCE qui habitaient Roland Dorfeuille et que Roland Dorfeuille habitait. De Pélin Tét à Bouki Nan Paradi, il n’a pas arrêté de se définir et de nous définir. Comme le dirait Franketienne ou Syto Cavé, « nonm sa fout gen talen ».
Roland Dorfeuille n’est plus, mais Pyram et Bouki seront toujours présents, car ce sont des personnages à nous tous, des facettes de nous tous.

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